Publication de la Gazette Drouot

Ce portrait présumé de madame de Harlay, exécuté en 1690 ou 1696 illustre la mode en cette fin du XVIIe, et du début du XVIIIe siècle, consistant à placer le personnage devant un paysage, qui met en valeur la richesse de ses habits et la blancheur de sa carnation. Notre modèle, Anne Renée Louise du Louët est la fille unique de Robert-Louis du Louët, marquis de Coëtjunval, doyen du parlement de Bretagne, et de Renée Le Borgne de Lesquifiou. Le 2 février 1693, elle épouse Achille IV de Harlay, comte de Beaumont, marquis de Bréval, conseiller au parlement, avocat général et conseiller d’État, arrière-arrière-petit-fils d’Achille Ier de Harlay (1536-1616), premier président du parlement de Paris, de 1582 à 1611. Baignée d’une douce lumière, cette jeune femme est joliment vêtue d’une robe et d’un corsage aux plis savamment creusés, d’une cape, laissant apparaître l’une de ses épaules, dont le bleu répond à celui du ruban avec lequel elle lie son bouquet. Celui-ci fait écho aux fleurettes qu’elle a piquées dans ses cheveux, tandis que ses bijoux – exception faite des cabochons de pierre rouges – rappellent le goût de l’époque pour les perles. Couleur divine, le bleu symbolise la fidélité, la chasteté et la loyauté. Simple portrait ou allégorie de Flore, cette toile illustre le talent de Nicolas de Largillierre pour les représentations flatteuses et solennelles, à l’exécution fort brillante.

Mercredi 7 décembre, salle 6 - Drouot-Richelieu