Publié par La Gazette

Chine, XVIIIe siècle.
Étui à herbes odorantes en bambou sculpté de lettrés sous les pins et les bambous, H. 21,3 cm.

Il n’en passe que trois ou quatre par an sur le marché français des ventes publiques et ceux du début du XVIIIe siècle sont rares. C’est dire combien cet étui, au décor fourni profondément incisé, devrait être disputé. Rempli d’herbes odorantes et de pétales de fleurs séchées, il permet de parfumer la maison ou le cabinet de travail. Objet de lettré par excellence, au même titre que le porte-pinceau ou l’écran de table, il est aussi raffiné dans son usage que dans son décor, qu’il soit en porcelaine ou en bambou. Ce matériau, avec sa tige creuse, s’avère parfait pour les étuis. Toute la difficulté du travail réside dans la sculpture. Creux et dur, le bambou a tendance à casser. Notre modèle constitue donc une belle prouesse avec son abondant décor de lettrés étudiant dans une forêt de pins et de bambous. Le pin occupe une place de choix dans la tradition chinoise : toujours vert quelle que soit la saison, il est considéré comme un emblème de longévité et de sagesse. On dit de sa sève qu’elle se changerait en ambre, dès lors que l’arbre atteint ses mille ans ! Le bambou, dont il existe des dizaines de variétés, est sans doute la plante la plus utilisée – dans la construction, pour les objets de la vie quotidienne, la nourriture, la médecine, entre autres – de toute l’Asie, et par conséquent la plus vénérée. Comme notre roseau, il plie mais ne rompt pas, tel le lettré qui résiste aux épreuves et aux examens. Signe de constance et d’amitié indéfectible, il forme avec le pin et le prunier «les trois amis qui ne craignent pas l’hiver». Idéal en cette saison…

Lundi 19 décembre, salle 16 - Drouot-Richelieu.
Tessier & Sarrou et Associés OVV. Cabinet Portier & Associés