Publié par la Gazette
Dans un après-midi dévolu à la marine et aux voyages, au milieu d’un ensemble de cartes, d’instruments scientifiques et de navigation, de curiosités et autres travaux de marins, pièces d’accastillage et maquettes, une suite de quatre sphères – terrestre, céleste et armillaires – tournait à 40 000 €. On la devait à Jean-Baptiste Fortin (1740-1817). Cet éditeur acquiert en 1778 le fonds de Didier Robert de Vaugondy (1723-1786), après avoir collaboré avec lui. Ce dernier est un géographe réputé de l’époque Louis XV, auteur de son premier globe terrestre en 1745 et ayant connu la gloire après une commande royale à destination de la Marine de sphères de 45,5 cm de diamètre, qui connaîtront des rééditions en 1764 et 1773 et dont le musée de Chartres possède des exemplaires. Fortin ne travaille que jusqu’en 1784. Très rapidement, il cédera son activité d’éditeur d’atlas et de globes à Charles-François Delamarche (1740-1817). Cet atelier perdurera pendant près d’un siècle et sera perçu comme l’un des plus importants au monde ! Les globes sont le témoignage des savoirs géographiques et astronomiques de leur temps. À ce titre, ils sont très appréciés à partir du XVIIe siècle car, comme l’écrit Willem Blaeu, célèbre cartographe, dans son Institution astronomique de l’usage des globes (Amsterdam, 1642), «des deux représentations de la Terre avec l’eau, celle que l’on fait sur le globe est plus naturelle que celle que l’on fait sur le planisphère.» À cette époque en effet, ils sont essentiellement le fait de fabricants hollandais et italiens. La donne change avec le XVIIIe siècle et la France prend le pas, menant de front de grandes expéditions avec Bougainville et La Pérouse. Les instruments scientifiques de mesure et de navigation, comme les sphères, accompagnent l’épopée de ces vaillants découvreurs. Dans leur sillage, deux aquarelles d’Antoine Roux fils aîné (1765-1835), l’une représentant le Vaisseau la «Sylphide» vu de tribord, (45 x 57 cm), l’autre le Vaisseau le «Blascon» (44 x 57 cm), filaient à respectivement 8 125 € et 9 000 €.
Vendredi 5 mai, salle 4 - Drouot