Publié par la Gazette
De 1851 à 1868, les empereurs de la dynastie Qing Xianfeng (1831-1861) et Tongzhi (1856-1875) livrent bataille aux rebelles Nian au nord de la Chine. Cette peinture met en scène la victoire finale impériale contre les révolutionnaires antimandchous. Peut-on imaginer meilleure propagande que cette composition monumentale, à la fois fresque épique et galerie de portraits, dont certains personnages sont même identifiés par un cartouche, rappel de certaines œuvres conservées dans des temples… La scène de guerre, réaliste, est fondée sur une carte géographique sur laquelle prennent place les différentes armées, dont les habits permettent de les différencier : les troupes impériales sont reconnaissables à leur natte et à leur chapeau, les rebelles à leur turban rouge. Fruit de longues et minutieuses recherches, notre peinture ne représente pas un moment précis de cette bataille décisive, mais un assemblage de plusieurs. La victoire est imminente, qui montre les armées impériales avançant sur terre et sur la rivière, encerclant les opposants avec des canons et des troupes au sol. Le peintre, les ministres, parfois même le souverain ou l’impératrice douairière décident des moments à représenter. Seules, bien sûr, les victoires impériales font l’objet de tableaux… Des esquisses de la commande récemment découvertes dans les archives du Grand Conseil, à Pékin, et des lettres de Yihuan (1840-1891), père de l’empereur Guangxu (1871-1908), éclairent sur cette commande de soixante-sept peintures pour commémorer les victoires sur les trois révoltes principales – Taiping, Nian et celle musulmane. Rarement signées, ces peintures, nombreuses et de qualité, ont probablement été réalisées par plusieurs artistes sous la responsabilité d’un peintre en chef, peut-être un certain Qing Kuan (1848-1927). Directeur pour presque chaque commande impériale, cet artiste réalisa des séries de peintures de guerres, des œuvres pour la cérémonie de mariage de Guangxu, pour le soixantième anniversaire de l’impératrice Cixi en 1893, et participa à la reconstruction et à la décoration du nouveau palais d’Été. Un certain Giuseppe Castiglione (1688-1766) laisse également des scènes de guerre monumentales.

Lundi 26 juin, salle 16 - Drouot-Richelieu.
Tessier & Sarrou et Associés OVV. Cabinet Portier & Associés.