Publié par la Gazette
Rite fort ancien déjà pratiqué à Athènes et Rome, l’entrée royale avait pour but d’affirmer aux yeux du peuple la puissance du souverain. C’est également un spectacle, comme dans la scène représentée par Eugène Lami. Louis-Philippe a ainsi renoué avec les fastes des entrées des reines, que le monarque accueillait en dehors de Paris pour la présenter à tous lors d’un long cortège. Le mariage de l’héritier du trône, Ferdinand Philippe (1810-1842), duc d’Orléans, avec la princesse Hélène de Mecklembourg Schwerin (1814-1858), nièce du roi de Prusse, a eu lieu le 31 mai à Fontainebleau, en trois temps : mariage civil, mariage religieux catholique et mariage selon le rite luthérien, religion de la mariée. Le 4 juin au matin, le roi, les jeunes mariés et tous les membres de la famille royale quittent le château pour effectuer l’entrée à Paris, présenter la nouvelle duchesse d’Orléans aux Parisiens et se rendre aux Tuileries, résidence des souverains. À 16 h, le cortège entre dans les jardins des Tuileries, accueilli par la foule que l’on voit au premier plan du tableau, autour du bassin octogonal. En bas à gauche, on reconnaît de dos la statue de Lorenzo Ottoni, Le Nil, installée dans les jardins en 1719 ; à droite, deux élégantes et un jeune garçon regardent passer le cortège royal de la terrasse. L’artiste a placé la foule des badauds, élégamment vêtus, en frise entre ces deux groupes. Une jeune femme à robe jaune paille, au bras d’un officier en uniforme écarlate, se retourne comme pour inviter le spectateur à participer aux festivités. Parmi les personnages officiels, on identifie, au centre, Louis-Philippe monté sur un cheval blanc, entouré sur sa droite par son fils le duc de Nemours et le général Bernard, intendant des Tuileries, et, sur sa gauche, par son troisième fils, le prince de Joinville, accompagné du maréchal Lobau. Devant eux, un piquet de gardes nationaux et celui de cuirassiers. Le duc d’Orléans chevauche à côté de la voiture où ont pris place sa femme Hélène, sa mère la reine Marie-Amélie, trois de ses sœurs, Marie, Clémentine et Louise, reine des Belges, ainsi que la duchesse douairière de Mecklembourg-Schwerin.

Mercredi 28 juin, salle 4 - Drouot-Richelieu.
Tessier & Sarrou et Associés OVV. Cabinet Ottavi & Millet.