Publié par la Gazette
Attribué à Pierre Mignard (1612-1695), Portrait de Molière en costume d’intérieur, huile sur toile ovale, 60 x 52 cm.

Le musée Condé, à Chantilly, conserve un portrait de Molière (1622-1676) par Pierre Mignard, un autre lui est attribué à la bibliothèque de la Comédie-Française, un troisième enfin, faisant partie des collections du château de Versailles, est l’œuvre d’un des suiveurs de celui que l’on surnomme «Mignard le Romain». Revenu en France en 1658 à la demande de Louis XIV, il s’impose comme portraitiste de la famille royale, des grands de la cour, mais aussi de l’élite intellectuelle – Bossuet, madame de Lafayette, Molière… C’est à Avignon, sur le chemin qui le ramène d’Italie chez son frère Nicolas, que Mignard rencontre Jean-Baptiste Poquelin. L’acteur fait partie d’une troupe qui se produit dans l’un des principaux jeux de paume de la cité papale ; les deux hommes deviennent amis. Contrairement à son frère, qui a représenté Molière en personnage de théâtre, Pierre Mignard réalise un portrait intime, en habit d’intérieur. La première gravure inspirée du tableau est l’œuvre du Lyonnais Benoit Audran (1663-1721). Elle est reproduite en frontispice à La Vie de Molière, publiée en 1705 par Jean-Léonor Le Gallois, sieur de Grimarest, l’un des plus anciens biographes du comédien, mais dont l’œuvre fourmillant d’anecdotes est sujette à caution depuis le milieu du XIXe siècle. L’image est reprise cinq ans plus tard pour l’édition des Œuvres en dix volumes publiée par Michel David. Molière est en robe de chambre sur une chemise ouverte, la perruque bouclée divisée sur le front, la moustache finement dessinée, le regard tourné vers la droite, plein d’assurance. Après des débuts difficiles en 1643, aux côtés de Madeleine Béjart avec qui il a fondé L’Illustre Théâtre, l’auteur, acteur et directeur connaît le succès avec une nouvelle troupe, qui tournera en province pendant une douzaine d’années. De retour à Paris en 1658, elle connaît le triomphe l’année suivante avec Les Précieuses Ridicules. Molière est un auteur adulé, jalousé, redouté. Rien de surprenant à le voir ici indiscutablement sûr de lui…

Mardi 26 septembre,  salle 12 - Drouot