Publié par la Gazette
La 4 septembre dernier, plus de 12,4 millions de petits Français reprenaient le chemin de l’école. Le rituel, année après année, est immuable : des sourires et des larmes, un nouveau cartable, les copains que l’on retrouve, ceux qui ont déménagé, les nouvelles maîtresses… 
Depuis Jules Ferry, bien des choses ont changé néanmoins et l’édition 2017 ne failli pas à cette tradition. Cette invitation à un voyage dans l’histoire de l’instruction est l’occasion de se souvenir qu’avant d’être un droit, elle fut un long combat et le demeure encore dans beaucoup trop de pays.
Le chemin de l’école 
L’école et ses bambins vont devenir de motifs de prédilection. Deux peintres sauront particulièrement s’illustrer sur ce thème, qui ne manque pas de charme.

Jean Jules Henry Geoffroy, dit Géo (1853-1924), souvent présenté comme « le peintre de l’enfance », devient l’illustrateur officiel de l’idéologie éducative de la IIIe République. Le ministère de l’Instruction publique lui commande cinq tiges en 1893, chacune devant « perpétuer le souvenir de la vie scolaire à cette époque » dans les différentes provinces et colonies françaises. 
Vision misérabiliste avec Sortie de classe, une peinture exposée au Salon de 1919 et vendue au profit des oeuvres de guerre, dont la Scène enfantine, présentée chez Tessier & Sarrou et Associés le 10 décembre 2014 et acquise pour 35 960 €, est une oeuvre préalable. 

Tout autre ambiance chez Paul Chocarne-Moreau (1855-1931) : nous ne sommes plus dans l’exaltation des valeurs républicaines, mais dans les rues de Paris. Ses peintures sont habitées par des garnements en culottes courtes toujours prêts à imaginer une bêtise. Mais au-delà de leurs bouilles d’enfants facétieux, elles montrent également une réalité contrastée avec ces gamins des rues obligés de faire des petits métiers pour survivre ; ils sont jeunes ramoneurs, vendeurs d’écrevisses, apprentis pâtissiers, petits brocanteurs. 

Ces tableaux leur ont ouvert les portes de la postérité et du marché de l’art, puisqu’ils ne sont pas rares et séduisent à chaque passage en vente. Les Américains en sont particulièrement friands.