Publié par la Gazette
Issu d’une famille littéraire – son père était un éditeur reconnu et d’idées progressistes –, Piotr Konchalovsky fit ses études à Kharkov jusqu’en 1889, date à laquelle la famille s’installe à Moscou. Leur maison reçoit Repin, Serov, Vrubel et autres artistes du monde de l’art, et le jeune homme décide de se consacrer à la peinture. Il effectue son premier séjour à Paris en 1896-1898, inscrit à l’académie Julian. Il pratique un art somme toute très classique. La révélation vient en 1907 lorsqu’il visite l’exposition « Van Gogh » à Paris, le poussant à devenir membre du groupe d’avant-garde moscovite, Le Valet de carreau. Il découvre également l’œuvre de Cézanne, dont il adopte le style comme en témoigne la toile présentée ici, qui appartient à la période «cézannienne» (entre 1917 et 1920). «La méthode de Cézanne pour comprendre la nature m’est chère. Je l’ai longtemps suivie car c’est tout particulièrement les méthodes de Cézanne qui donnaient la possibilité de voir la nature sous un angle nouveau, ce à quoi je veux être fidèle», confiera-t-il plus tard. Une admiration qui le pousse à traduire en russe le livre d’Émile Bernard consacré au maître d’Aix-en-Provence. Il applique «la conquête de la couleur et de l’air» aux paysages des environs de Moscou. Konchalovsky confia aussi : «Le plus important pour moi dans un paysage de forêt, c’est la silhouette de l’arbre dans le ciel, la silhouette de ses branches.» Après la Révolution, son style redevient traditionnel, notamment dans ses nombreux portraits de la société soviétique.

Mercredi 6 décembre, salle 4 - Drouot-Richelieu.
Tessier & Sarrou et Associés OVV.