Publié par la Gazette Drouot
ILS FONT TOURNER LA TERRE
 

Paire de globes terrestre et céleste par CARY
Pieds tripodes en acajou, tables équatoriales avec les signes du zodiaque. Boussoles en entretoises, cercles méridiens en laiton avec horloges horaires à chaque pôle.
Cartouche du terrestre: «CARY's TERRESTRIAL GLOBE. Exhibiting the tracks and discoveries of Captain COOK.... Also those of VANCOUVER.... La PEROUSE.... LONDON 1806»
Cartouche du céleste: «CARY's New and improved CELESTIAL GLOBE.... contained in the astronomical catalogue of Rev. WOLLASTON.... DE LA CAILLE, HEVELLIUS.... MAYER.... BRADLEY.... HERSCHED.... the whole adapted to the year 1800 (?)» C1806
Cartographie bien lisible sur le globe terrestre.
LONDRES, datés 1806
Diam des sphères 51 cm - Diam total 69 cm - Diam boussoles 24 cm
H. 120 cm
Adjugé 57 500 €

Les globes conçus pour aider les hommes à trouver leur chemin sur les mers du monde et parmi les étoiles figurent dans la catégorie des objets scientifiques les plus recherchés, car à leurs qualités techniques indispensables s’ajoute un petit supplément esthétique, qui en fait également des objets de grande décoration. Ils sont ainsi devenus les pièces les plus emblématiques de la marine, et en acquérir un sonne comme une invitation à effectuer un voyage dans le temps et dans l’espace. Les deux ensembles présentés ce mercredi, dans une vente entièrement dédiée à la marine et aux voyages, ne contrediront pas ce propos. Il s’agit d’une part d’une paire de globes terrestre et céleste, réalisés à Londres en 1806 par Cary, et d’une suite de trois sphères en carton et papier mâché, conçues à Paris par la maison Delamarche en 1868. 57 500 € étaient requis pour la première (voir ci-dessus) et 23 250 € pour la seconde (deux reproduites page 78). Londres et Paris étaient alors les deux pôles faisant rayonner la spécialité. Le Parisien Charles-François Delamarche (1740-1811) avait racheté en 1784 le fonds d’atlas et de globes de Jean Fortin, «ingénieur mécanicien du Roi pour les globes et les sphères», et de Robert de Vaugondy, le très célèbre cartographe du XVIIIe siècle, nommé d’ailleurs géographe de sa majesté. Son fils Félix prendra la relève en 1817, et ce sont en tout trois générations qui se succéderont pour développer cet atelier d’éditeurs de globes tout au long du XIXe siècle. La paire de sphères terrestre et céleste du Londonien John Cary (vers 1754-1835) – travaillant avec son frère William entre 1791 et le premier tiers du XIXe siècle – traduit la qualité de la cartographie, un élément essentiel. Celle-ci reprenait entre autres les découvertes du capitaine Cook et du comte de La Pérouse, le tout complété de pièces supports : une table équatoriale, un cercle méridien – les deux en laiton – et un piétement en acajou. Sans ses instruments de précision, la navigation n’aurait pas été la même, et les peintres de marine n’auraient pu faire carrière. En témoigne la dynastie des Roux, dont le fondateur, Joseph (1725-1789), est sans doute l’initiateur du genre des «portraits de bateaux». Provenant d’une collection particulière, plusieurs de leurs œuvres gagnaient le large, et l’aquarelle représentant Le Diligent, dessinée par Antoine I Roux père (1765-1835), gagnait la partie à 8 125 €, suivie de peu par une autre de ses œuvres sur papier, figurant un vaisseau de guerre français (7 125 €).

Jeudi 26 avril, salle 14 - Drouot-Richelieu.
Tessier & Sarrou et Associés OVV.