Publié par la Gazette Drouot

DE L’UTILE À L’AGRÉABLE

Quelques centaines d’euros à 1 500, telle est la fourchette d’enchères prévue pour ces inrô, provenant pour une quinzaine d’entre eux d’une seule et même collection. Leurs points communs ? Leur époque, la période Edo (1600-1868), et la préciosité de leurs décors en laque, selon différentes techniques. Celui-ci est réalisé en taka maki-e, ou «image semée», développé dès le XIVe siècle : le peintre construit son décor en relief sur le laque couche après couche grâce à de la poudre métallique, généralement d’or ou d’argent pour former une surface unie et brillante. Véritables tableaux miniatures, les inrô – littéralement «panier de cachets» – sont des petites boîtes à vocation utilitaire faisant partie des sagemono («objets pendants»), portés uniquement par les hommes. Les kimonos n’ayant pas de poche, on glisse entre la ceinture (ou «obi») et le vêtement une cordelette maintenue par un netsuke, ces petits objets travaillés sur une âme de bois. Bien qu’il soit admis qu’ils viennent de Chine, les inrô sont d’un usage courant au pays du Soleil-Levant dès la période Tenmon (1532-1554), le décor – une simple couche de laque noire – apparaissant à l’époque Tensho (1573-1591). Ce n’est que plus tard que se développe un style de décoration raffiné pour ces petits objets, tant à l’intérieur, où s’emboîtent divers compartiments, qu’à l’extérieur. S’ils sont rarement signés, les inrô n’en demeurent pas moins précieux, portés parfois de nos jours par certains Japonais lors de grandes occasions.
Mercredi 20 février, salle 2 - Drouot