Publié par la Gazette Drouot

DUNAND

Il ne faut jamais oublier qu’avant le Jean Dunand (1877-1942) mondialement connu pour ses magnifiques travaux en laque, il y eut un créateur ouvert à différentes techniques et aux avant-gardes décoratives. Au début des années 1910, bien avant l’engouement pour l’art déco, l’homme est déjà à la tête d’un atelier renommé et travaille le métal. C’est comme dinandier, et grâce à ses plats et vases en cuivre, qu’il séduit une clientèle d’amateurs et d’institutions dans les salons d’avant-guerre auxquels il participe. En février 1913, le président Raymond Poincaré inaugure le VIIIe Salon des artistes décorateurs. Il y remarque un vase monumental d’un mètre trente de hauteur, dont le corps est constitué de deux cobras dressés : une pièce exceptionnelle qui appelle à décliner le thème du serpent pour d’autres réalisations, et notamment un presse-papiers, en bronze patiné. Le reptile enroulé autour d’une sphère s’y déploie, prêt à attaquer, et provoquait la fascination à 22 225 €.