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RENE LALIQUE (1860-1945)

Lot 44
Résultats avec frais
Résultat: 215 900 €

RENE LALIQUE (1860-1945)


“Quatre libéllules”
Rare pendentif en or jaune et émail polychrome en plique à jour rehaussés de paillons d'argent figurant quatre libéllules.
Il est agrémenté de pierres d'aigue marine, de rangées de rubis et de quartz aux extrémités des ailes.
Signé “Lalique”.
Vers 1903-1904.
H: 7,2 cm L: 7,5 cm
Poids brut: 30,50 gr
Une variante de ce pendentif se trouve dans les collections du Musée de Quimper
Né en 1860, René Lalique entre en apprentissage à 16 ans chez un joaillier parisien, avant de partir à Londres suivre des cours.
A son retour, il travaille comme dessinateur concepteur indépendant pour de grandes maisons joaillières comme Boucheron, Vever, Cartier, Fouquet....
En 1885, il reprend à son compte un atelier à Paris mais il faudra attendre 1895 pour qu'il soit révélé au grand public à l'occasion du Salon.
Déjà en 1890, face au succès de ses créations, il doit s'agrandir et changer d'atelier.
La consécration intervient en 1900 avec l'énorme succès de son stand à l'Exposition Universelle.
Le monde politique (Madame Waldeck-Rousseau), du théâtre (Sarah Bernhardt, Colette), du demi-monde (Liane de Pougy) mais aussi les aristocraties russes et européennes s'arrachent ses créations.
Le pendentif que nous présentons à la vente, daté des années 1903-1904, illustre merveilleusement la singularité de ce joaillier exceptionnel. Il va, en effet créer un répertoire de matériaux et de motifs qui lui sont propres et font de ses créations des oeuvres uniques immédiatement reconnaissables.
Lalique innove dans son choix des matériaux. Ainsi, il n'hésite pas à utiliser des matériaux peu usités comme la corne, l'émail, la nacre et privilégie les pierres semi-précieuses comme l'aigue-marine, le quartz, l'opale. Son goût pour l'émail annonce le futur maître verrier qu'il va devenir, et, avec son atelier il multiplie les différentes techniques d'émail (de plique à jour, champlevé, opaque sur or etc....) employées pour la couleur et la transparence qu'elles permettent. Il innove également en mettant la matière au service de ses dessins, assurant ainsi la prééminence de la création et du travail sur la valeur des pierres.
Avant lui, un bijou ne vaut que par la valeur de ses gemmes, et il n'est pas rare que les bijoux soient démontés pour être transformés.
René Lalique est également novateur dans la richesse des motifs choisis chers à l'Art Nouveau. La femme, mystérieuse et troublante mutante, parfois inquiétante devient l'un de ses thèmes de prédilection. Doté d'un sens aigüe de l'observation doublé d'une imagination fantasque, il s'inspire de la faune et de la flore (iris, orchidées, chauves-souris, cygnes, guêpes et libellules...) avec une précision presque scientifique.
Pour Gallé il sera “ l'inventeur du bijou moderne “, pour Colette “ le Rodin des transparences “.
Il renouvelle le vocabulaire des formes de la joaillerie avec une audace inouïe qui ne lui vaudra pas que des admirateurs, ses créations font l'objet de controverses passionnées, et ce, d'autant plus que son souci de la ligne, est bien dans l'esprit de l'Art Nouveau.
A partir de 1905, il délaissera le bijou pour le verre, ouvrant une nouvelle page de son histoire.
Notre pendentif est tout à la fois le témoignage d'une période phare de la joaillerie et de la force d'un homme qui, par son seul talent, parvint à hisser un art décoratif dit «mineur» au rang d'oeuvre d'art. Le magnat du pétrole Calouste Gulbenkian ne s'y trompera pas et collectionnera entre 1895 et 1937 plus de 150 créations de Lalique dont il deviendra un ami.
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