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Maurice UTRILLO (1883-1955)

Lot 1
40 000 - 50 000 €
Résultats sans frais
Résultat: 90 000 €

Maurice UTRILLO (1883-1955)

L'ancien maquis à Montmartre
Huile sur toile
Signée en bas au centre
65 x 81 cm
Provenance: Par descendance à l'actuel propriétaire, référencé dans l'inventaire Pierre Levasseur sous le n° 12.
Bibliographie: Paul Pétridès, Catalogue Raison­né, 1959, Tome I, reproduit sous le n° 188 p. 238.
Datation:
Daté «circa 1910» par Paul Pétridès dans le Tome I du Catalogue Raisonné entrepris du vivant d'Utrillo en 1953 et terminé en 1958.
A noter, un tableau de même sujet est référencé sous le n° 856 dans le Tome II paru en 1962 que Paul Pétridès a pris soin de daté circa 1920.
Daté «circa 1919» par l'Association Maurice Utrillo.
Un certificat de l'Association Maurice Utrillo pourra être remis à la demande et à la charge de l'acquéreur.

Maurice UTRILLO (1883-1955)L’ancien maquis à MontmartreOil on canvas
Signed lower center
65 x 81 cm
Provenance : By descent to the current owner, referenced #12 in the Pierre Levasseur inventory.
Literature : Paul Pétridès, Catalogue Raisonné, 1959, Volume I, reproduced under #188 on p. 238.
Dating :
Dated « circa 1910 » by Paul Pétridès in Volume I of the Catalogue Raisonné he started in 1953 when Utrillo was still alive. Completed in 1958. Please note, that a similar-themed painting is referenced under n° 856 in Volume II published in 1962, which Paul Pétridès dated circa 1920. Dated « circa 1919 » by Association Maurice Utrillo.
A certi cate from Association Maurice Utrillo canbe issued to the buyer upon request and at their expense.

モーリス・ユトリロ(1883−1955)
《モンマルトルの古いマキ*》
(*廃棄材などを集めて作ったバラックの集まり)
カンバスに油彩
画面下中央にサイン
サイズ:65 X 81 cm
価格評価:40,000/50,000ユーロ
来歴:後裔より現在の所有者へ、ピエール・ルヴァッサー財産目録 n°12に明記される。
参考文献: ポール・ペトリデス、カタログレゾネ、 第1巻, p.238, n°188(1959年)に掲載。
推定年代:
ユトリロの存命中の1953年に着手され1958年に完成した、ポール・ペトリデスによるカタログレゾネ第1巻に 《1910年頃》と記される。
この作品と同じ主題の1点の絵が、1962年にポール・ペトリデスにより刊行された 第2巻のn°856に、《1920年頃》と入念に年代付けされ、明示されていることに注意を払うべきである。
モーリス・ユトリロ協会により年代は《1919年頃》と推定される。
*落札者の要望と費用負担により、モーリス・ユトリロ協会の証明書が交付される。

Adolphe Tabarant commenta ses créations ainsi: Insatisfait de l'office que lui rend le blanc de zinc (il n'employait que celui-là) il en vient à triturer un mélange de plâtre et de colle, afin de réaliser, tel qu'il le voit, le blanc de ses murailles. Délirant de réalisme, il clame qu'il voudrait pouvoir plaquer de la mousse naturelle sur les pierres vétustes qu'il s'ingénie à représenter. C'est ici que se place l'époque de ses recherches tourmentées qu'on désigne sous le nom d'époque blanche ou des blancs. Utrillo dispose, alors, de toute une gamme de blancs crus, jamais crayeux. Il les enveloppe de gris soyeux, de roses délicats, de bleus profonds, ou bien leur oppose des bruns et des noirs sonores. C'est en ce temps qu'il exécute quelques-unes de ses oeuvres les plus saillantes. Constructeur de maisons rurales, d'églises, de rues entières, il en établit les plans d'après une technique infaillible. Il est un architecte géométriquement précis, un entrepreneur de bâtiments n'employant que des matériaux honnêtes, un maître-maçon ayant le culte du beau travail.

“Le maquis”
Fin XIXème, sur le versant nord de Montmartre, il existe un vaste terrain vague appelé le Maquis. Il s'était constitué peu à peu et dès le début du XIXème siècle, alors que Berlioz venait habiter sur la la Butte, de modestes baraques existaient déjà autour de la ferme des Debray (entre Junot et Lepic).
Peu à peu les terrains peu exploités à cause de la terre médiocre et argileuse qui les constituait furent occupés par des familles chassées de la ville en plein dével­oppement sous l impulsion des grands travaux du baron Haussmann.
Ils viennent trouver refuge dans ce qui deviendra le maquis de Montmartre.
Le percement de l'avenue Junot qui le traversa à partir de 1909, remplaçant les cabanes par des hôtels particuliers, marqua la fin du maquis.
Utrillo lui même après avoir assisté à la destruction du maquis qu il avait souvent peint vécut plusieurs années avec sa mère au 11 de l'avenue, avant de s exiler au Vésinet.
De ses fenetres, il prenait à partie les passants comme pour leur reprocher d avoir remplacé le petit peuple du maquis disparu.
Jean-Manuel Gabert, historien de Montmartre, déclare à propos des habitants du «maquis»: «Beaucoup étaient des réfugiés de la capitale qui ne pouvaient plus payer leur loyer. On voyait principalement des chiffoniers, des marchands des quatre saisons, des rempailleurs, des ferrailleurs, des personnes qui ramassent des choses pour en «biduler» d'autres. Bref, toutes sortes de personnes mais toujours sans le sou.»
Rodolphe Trouilleux, historien de Paris, parle de «maisons construites de bric et de broc».
Toutefois, ajoute-t-il: «Ceux qui avaient un peu plus d'argent possédaient quant à eux de véritables petits chalets en bois. On aurait dit un village suisse.»


La vie de Pierre Levasseur fut jalonnée d'inventions et de découvertes. Passionné d'aviation dès l'âge de 18 ans, il créa très jeune son entreprise de construction aéronautique. Il fut un ingénieur visionnaire - auteur des premières hélices et de plusieurs prototypes d'avions. On lui doit notamment la construction, audacieuse à l'époque, de l'Oiseau Blanc, piloté par Nungesser et Coli, qui tentèrent la première traversée de l'Atlantique Nord en mai 1927. Mais il fut aussi un artiste, excellent violoniste et peintre de talent. Il mena une vie extrêmement active, exerçant son métier avec passion, consacrant ses loisirs à l'exercice de la musique et de la peinture et, après la Première Guerre Mondiale, fréquentant les milieux artistiques montmartrois et les marchands d'art. C'est ainsi qu'il fit la connaissance de Maurice Utrillo, qu'il accompagna pendant de nombreuses années, dans le cadre d'une collaboration fructueuse. Les 14 tableaux aujourd'hui exposés en sont la preuve. Ce mécénat s'exerça au bénéfice d'autres artistes - tel Charles Dufresne, auteur de décorations murales, qu'il aida à créer son entreprise.
Ses racines familiales l'ont tout naturellement porté vers les arts. Il était l'arrière-petit-fils d'Etienne Levasseur, ébéniste laqueur de renom du XVIIIème siècle, et petit-fils d'Eugène Levasseur, fondateur de l'Ecole Germain Pilon à Paris. Grand amateur de décoration d'intérieur, il fit aménager son bureau de meubles Art Déco, ensemble qui fut légué par la suite au Musée des Arts Décoratifs par sa femme.
Sa fille Colette a continué l'oeuvre de son père. Elle a dirigé l'entreprise d'aviation en véritable femme d'affaires. Excellente sportive, femme mondaine et moderne, elle s'est passionnée pour la peinture et a veillé à la préservation du patrimoine culturel légué par son père. Si la collection de ses tableaux figure au catalogue raisonné de l'oeuvre complet de Maurice Utrillo réalisé par Paul Pétridès, elle n'a jamais voulu les prêter pour être exposés. Ils sont donc montrés pour la première fois à l'Hôtel Drouot, ainsi que la correspondance de son père avec le peintre, en compagnie d'autres artistes - notamment un ensemble de sanguines de Suzanne Valadon - et au milieu des meubles et objets d'art dans lesquels elle a toujours vécu.
Pierre et Colette Levasseur possédaient les mêmes qualités. De souche protestante, ils ont fait preuve d'une rigueur sans faille dans leur activité professionnelle. Passionnés l'un et l'autre par les arts, ils ont chacun à leur façon mis en pratique leur sens de l'esthétique, enrichi leur collection de tableaux - des oeuvres d'André Utter, Albert Lebourg, André Hambourg, René Pirola figurent également à la vente.
Ce catalogue rend fidèlement compte de la richesse et de la qualité de ce que furent les goûts et les choix de Pierre et de Colette Levasseur.
Joëlle Stoenesco


En octobre 1919, lorsqu'est pris l'engagement entre Utrillo et Levasseur, l'artiste sort d'un internement de 3 mois à l'asile de la rue de Picpus pour alcoolisme et toxicomanie et le cercle familial (Utter-Valadon) s'apprête sitôt le contrat signé à le raccompagner dans cet établissement de soins. L'artiste est même domicilié dans cet asile (8 rue de Picpus) et y séjournera jusqu'en mars 1920.
Ce cinquième internement sera suivi de deux autres en avril 1920 et mai 1921 d'une durée respective de 5 mois et 3 mois.
Malgré ces vicissitudes, les livraisons de tableaux prévues sont régulières et les dates respectées. D'octobre 1919 à mars 1920, sept peintures sont livrées chaque mois au commanditaire. Le contrat établi par Pierre Levasseur est généreux et Utrillo et sa famille se sont efforcés de le respecter, du moins durant les 6 premiers mois, complétant si nécessaire sa production mensuelle par des tableaux peints auparavant. Ainsi, Pierre Levasseur a t-il reçu des peintures de diverses périodes.
A la suite d'une fugue, qui sera interprétée par l'administration comme une évasion, Utrillo est interné le 2 avril 1920, une nouvelle fois, cette fois-ci non plus en placement volontaire mais par décision judiciaire et en cellule. Au cours de ce mois, seulement trois peintures seront livrées à Pierre Levasseur dont deux vues d'asile, La clinique du Docteur Blanche (lot n° 7) et Le Jardin à Picpus (lot n° 14).
Ce sera la fin effective du contrat qui ne sera toutefois résilié officiellement qu'en 1922.
Parallèlement en 1921, la galerie Berthe Weill organise une exposition Utrillo, que l'artiste étant interné à Sainte Anne ne peut pas visiter, ce qu'il regrette amèrement dans un de ses courriers.
En 1922, se tient une exposition de 35 Utrillo chez Paul Guillaume dont 5 prêtés par Pierre Levasseur, le reste emprunté à Marie Vizier (dite la Belle Gabrielle).
En 1923 son talent est reconnu et incontesté, le commerce et les collectionneurs s'arrachent les toiles d'Utrillo et Suzanne Valadon signe, au titre des intérêts de son fils, un contrat avec la galerie Bernheim.
Marc Ottavi
 
La légende d'Utrillo
La biographie d'Utrillo est indissociable de l'idée qu'on se fait de la bohême artistique, à travers Puccini ou, plus tard, Aznavour. Il y a sa mère d'abord, Suzanne Valadon, elle-même peintre et dont il est le fils naturel. Modèle, elle pose nue pour les plus grands peintres de son époque, Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavanne, Renoir, entre autres. A partir de là naissent tous les fantasmes: de qui est-il le fils? Les seuls éléments avérés concernant sa naissance, c'est qu'il voit le jour à Montmartre un lendemain de Noël, le 26 décembre 1883, au numéro 8 de la rue du Poteau. Il est déclaré de père inconnu et porte donc le nom de sa mère: Valadon. Et la légende dorée de ce fils de la bohême montmartroise rapporte que huit ans plus tard, en 1891, un amant de sa mère - encore un! -, le peintre catalan Miguel Utrillo, qui ne serait pas son père, le reconnaît néanmoins. Une mère qui lui donne le jour distraitement parce qu'elle est occupée surtout à poser et à peindre et qui le donne à élever à la grand-mère, un père inconnu, ce n'est que le point de départ. Au coeur le la légende Utrillo, il y a l'alcoolisme précoce, avec crises de démences et séjour à l'asile. Faire partie très jeune des artistes «maudits» en cette époque où la mémoire de Verlaine et de ses «poètes maudits» est encore vive, est un bon départ, si l'on ose dire. Mais ce n'est pas parce qu'on naît de père inconnu et qu'on se met à boire très jeune qu'on est obligatoirement un grand artiste. Il reste donc à parler de l'essentiel: la peinture. Toutes les sources concordent: Suzanne Valadon est autodidacte, elle apprend à peindre en regardant travailler les peintres pour lesquels elle pose. Seul Degas lui a appris quelques rudiments de technique. Comme sa mère, Utrillo est autodidacte. Et le thème de ses peintures est tiré du Montmartre où il est né - et où il est enterré, au cimetière Saint-Vincent, face au Lapin Agile - et de la banlieue où il a été élevé par sa grand-mère.
Utrillo est fidèle: il peint à partir de 1903 des vues de Montmartre et de la banlieue, sujets qu'il peindra toute sa vie, jusqu'à sa mort en 1955 soit en ayant le paysage sous les yeux soit d'après des cartes postales. Un Utrillo est immédiatement reconnaissable tant par le sujet que par la facture: interprétation très personnelle, naïve et savante à la fois, des paysages, notamment montmartrois, qui ont fait sa célébrité. Ce n'est pas le paysage qui s'impose à Utrillo mais Utrillo qui choisit ses motifs, qu'il reconstruit et réinterprète. Le paysage réel n'est qu'un point de départ. Inutile d'aller sur le terrain pour comparer une peinture d'Utrillo avec le modèle: elle a plus de réalité que celui-ci. Utrillo ne peint pas Montmartre, il crée Montmartre. La notion de fidélité au modèle, dans son cas, n'a aucun sens. De même que le romancier crée un personnage à partir d'une personne qu'il a croisée dans un lieu public et «voit» ce que personne d'autre n'a vu, de même Utrillo «voit» un paysage, sa structure, sa lumière intérieure, sa matière, sa pâte. Avant même qu'il ne se mette au travail, il a déjà interprété le motif qui, très vite ne lui sert plus à rien. Quelqu'un qui connaîtrait Montmartre uniquement à travers les peintures d'Utrillo et qui, après, découvrirait la butte en se promenant éprouverait à coup sûr un double mouvement de reconnaissance, parce que tout de même il y a une ressemblance, et de déception, avec cette impression curieuse que le coin de Montmartre censé être représenté par le peintre a moins de réalité que la peinture elle-même, de sorte que la relation est inversée: le Montmartre réel est une pâle copie du Montmartre d'Utrillo. A l'ère de la photographie et des courants picturaux post-impressionniste, fauviste, cubiste puis de plus en plus nettement abstraits et conceptuels, c'est un étonnant tour de force: l'art d'Utrillo bien qu'il se construise à partir de choses qui existent dans la réalité - des coins de rue, des façades, des arbres dépouillés, de la neige, une barrière - n'a rien de «figuratif», il ne reproduit pas, ne représente pas le réel, il ne se réduit à aucune anecdote.
 
Succession Levasseur
La collection d'un mécène conservée pendant près de 100 ans
La biographie de Maurice Utrillo est largement diffusée. Chacun connaît ses débuts difficiles, moments tragiques, où l'artiste sombre progressivement dans l'alcool, abus qui l'emmèneront en asile psychiatrique. Les cures de désintoxication et les abstinences forcées se termineront immanquablement en beuverie sans pour autant altérer son talent, le transcendant même, par une forme d'exaltation créatrice.
Précisons qu'au lendemain de la guerre, même si les acheteurs sont rares, Utrillo est déjà apprécié et sa notoriété commence à s'étendre chez les écrivains et critiques d'art comme dans les galeries.
Carco et Coquiot rédigent sur son oeuvre des articles élogieux et remarqués. Les marchands d'occasion qui l'avaient soutenu à ses débuts
- l'hôtelier le père Gay, le commissaire-priseur Louis Libaude, l'encadreur Clovis Sagot, Henri Delloue, Druet ou le brocanteur Soulier,... - laissent la place à Léopold Zborowski qui s'occupe déjà d'Amedeo Modigliani.
En 1919, malgré un environnement commercial difficile, Zborowski prend en charge les frais d'hospitalisation d'Utrillo à l'asile de Picpus et requiert l'aide financière de deux industriels, amis des arts, Jonas Netter et Pierre Levasseur.
Pierre Levasseur, avionneur de talent, est contacté en juin 1919 par André Utter qui, avec son épouse Suzanne Valadon, gère les intérêts d'Utrillo.
Le 10 octobre de la même année, un contrat d'exclusivité est établi entre Maurice Utrillo et Pierre Levasseur qui stipule que le peintre fournira chaque mois sept tableaux (entre 12 et 20 figures) contre une mensualité de 2 000 francs.
Durant la période 1919-1922, où Utrillo s'est engagé par contrat avec Pierre Levasseur, on remarquera dans sa peinture l'extrême cohérence du traité, de la matière et des couleurs étonnantes de vivacité et de tonalité.
Dès janvier 1920, les amateurs se faisant plus nombreux, Utrillo renégocie les conditions du contrat initial faisant passer de 7 à 6 le nombre de toiles à fournir et portant les mensualités à 2 500 francs.
En plus de l'achat des fournitures chez le marchand de couleurs Coccoz, une commission de 5% du produit des ventes devra être reversée par Pierre Levasseur à Maurice Utrillo.
Rappelons les conditions financières extrêmement favorables, consenties par son mécène Pierre Levasseur à Utrillo à un moment où l'on trouve encore chez les brocanteurs ou encadreurs de Montmartre certaines de ses toiles à 30 francs.
Les internements en asile (Saint Anne, Picpus, Aulnay...) qui se succèdent et les frasques réalisées en état d'ivresse n'empêcheront pas l'artiste de fournir chaque mois le nombre de toiles requis. Quelques toiles anciennes seront livrées en complément. De ces enfermements, errances ou contraintes naîtront des chefs-d'oeuvre.
D'après le carnet personnel de Pierre Levasseur, seules 45 toiles ont été livrées dans le cadre du contrat qui prendra fin officiellement en juin 1922, obligeant Suzanne Valadon à fournir en complément et à regret des oeuvres provenant de sa propre collection.
Pierre Levasseur eut en charge la commercialisation des oeuvres de Maurice Utrillo, les confiant en courtage quelquefois à des galeries (Gonot, Richemond-Chaudois, Roche-Estrez, Paul Guillaume). Toutefois, amoureux de l'oeuvre, ce passionné a conservé 14 peintures du Maître dans son appartement parisien.
Connu de quelques initiés (dont Messieurs Paul Pétridès et Jean Fabris), c'est un ensemble, jalousemen
gardé pendant un siècle, qui est dispersé aux enchères à Drouot par la SVV Tessier & Sarrou.
En 1962, Colette Levasseur a chargé le restaurateur Henri Linard du nettoyage des peintures, ce qui fut fait.
Afin d'assurer une tension correcte à la peinture, il a été nécessaire de tendre les toiles sur un châssis à clef. Les châssis d'origine, modestes mais quelquefois porteur d'inscriptions ou désignations de lieu par Maurice Utrillo, ont été conservés et sont fixés sur l'arrière des nouveaux châssis.
La fiche d'intervention du restaurateur Henri Linard (1962) sera remise à l'acquéreur de l'oeuvre correspondante. Par ailleurs, un rapport d'état complet pourra être requis sur demande près l'expert ou l'étude.
Marc Ottavi
 
Datation des peintures de Maurice Utrillo
Les oeuvres de la collection Pierre Levasseur n'étant pas datées, nous avons jumelé sur la fiche descriptive de chaque tableau la datation indiquée par Paul Pétridès et par l'Association Maurice Utrillo.
Grâce aux dates de livraison et aux reçus correspondants, nous pouvons déterminer qu'aucune peinture d'Utrillo figurant dans cette collection ne fut exécutée après avril 1920.
Il existe peu de différence entre les datations de Paul Pétridès et celles de l'Association Maurice Utrillo qui bénéficie d'un grand fonds de docu­mentation et des archives de M. Jean Fabris, légataire de la veuve d'Utrillo, Lucie Valore.
Paul Pétridès, qui, rappelons-le, fut un des marchands d'Utrillo dès 1928, a commencé son catalogue raisonné en 1953 du vivant de l'artiste, à la demande de Madame Utrillo (Lucie Valore).
Le tome I fut terminé en 1958, recensant uniquement les oeuvres de jeunesse et celles de la période blanche.
Parallèlement à la création de ce premier ouvrage a été entrepris le tome II, regroupant les oeuvres créées entre 1914 et 1930. L'ouvrage fut publié en 1962 sous l'égide de Madame Veuve Utrillo.
Nous ferons grâce au lecteur de l'affrontement entre Jean Fabris et Gilbert Pétridès qui ne portera que sur le tome V du catalogue raisonné.
La plupart des oeuvres de la collection de Pierre Levasseur appartiennent à la période colorée qui succède à la manière blanche vers 1915 et seule une très belle peinture figurant le maquis à Montmartre (lot n° 1) présente une différence significative de datation: 1919 pour l'Association Maurice Utrillo et 1910 pour Paul Pétridès.
Utrillo ayant couramment traité plusieurs fois le même sujet à des périodes différentes, l'amateur retrouvera sous le n° 856 une vue similaire que Pétridès a pris soin de différencier par la date (circa 1920) et qui logiquement figure dans le tome II.
Le débat reste donc ouvert car c'est une caractéristique des grands artistes, comme des grands auteurs, de laisser longtemps après leur départ une part de mystère sur leur création.
Marc Ottavi
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